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Le premier des Lévriers

Les Lévriers suscite beaucoup la curiosité. D’où viennent donc ces chiens si différents des autres ?

Il faut admettre que les Lévriers constituent encore une énigme pour les cynologues. Si l’on sait tout des antécédents des races les plus récentes, les plus anciennes gardent leur secret. C’est le cas du Tesem, le Lévrier d’Egypte, et du Sloughi, le Lévrier d’Asie dont l’existence est essentielle puisqu’elle a conditionné celle de la plupart des races de Lévriers reconnues par la Fédération Cynologique Internationale (FCI). On ne connaîtra donc réellement les races actuelles que lorsque le mystère de la création du Tesem et du Sloughi aura été élucidé.

En 1934, lors de l’établissement du standard, un cynologue, M. Hachet-Souplet, rappelait que le Sloughi présentait encore au 20è siècle sa forme originelle. Tenant compte du fait que le loup est l’un des ancêtres du Sloughi, Hachet-Souplet considérait que l’affinement des formes primitives était la conséquence de variations climatiques ayant entraîné la raréfaction des proies et imposé par là même au carnivore un parcours de chasse plus difficile, propice à l’amaigrissement et à l’allongement des membres.

Pour sa part, un vétérinaire, le docteur Dechambre, défend l’hypothèse de l’origine sauvage du Lévrier. Il remarquait, en 1971, que l’extrême variabilité des Canidés, bien antérieure à la domestication, a pu donner des souches sauvages dont les chiens pariahs sont des descendants directs. Et les Lévriers seraient issus de ces pariahs. Ces derniers, ignorés des cynophiles, existent depuis la plus haute antiquité. Très nombreux au siècle dernier en Asie, en Afrique orientale, sur le pourtour méditerranéen, ils ne se rencontrent plus guère qu’autour de certaines villes du tiers monde. Ces chiens, au pelage souvent jaunâtre, vivaient en liberté complète, tout en recherchant le voisinage des peuplements humains. On les a longtemps tolérés car, dans bien des régions, ils annonçaient par leurs cris l’arrivée des intrus et la nuit, se nourrissant de déchets, jouaient le rôle d’éboueurs.

Le docteur Dechambre estime en particulier que les Égyptiens ont dû trouver le Tesem, leur Lévrier, à l’état sauvage, sous la forme d’un pariah adapté aux conditions de vie en régions désertiques.

Quand au Sloughi, le docteur Dechambre reconnaît qu’il fut domestiqué bien avant le Tesem, mais le lieu de cette domestication reste encore totalement ignoré. C’est en tout cas certainement dans la steppe que sont nées la plupart des races de Lévriers issues du Sloughi, le terme de steppe doit ici être pris au sens large, désignant une région au relief peu accentué, aux climats divers, assez découverte pour favoriser la poursuite à vue des proies rapides. Durant des millénaires, les peuples des steppes ont conservé chez leurs Lévriers le type initial du Sloughi.

Puis, pour diverses raisons, ces Lévriers ont été introduits dans des cadres géographiques différents, et les éleveurs ont sélectionné des races convenant mieux à ces nouvelles conditions de vie. C’est le cas pour le Greyhound. C’est par la suite que l’homme a souhaité spécialiser les Lévriers dans telle ou telle activité, et que, pour abréger la durée des sélections des types désirés, il a apporté au Lévrier du sang provenant de races différentes.