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L’histoire des différentes races

Les cousins sauvages du chien comprennent le loup, le chacal et le renard, et tous appartiennent à une même espèce, celle des Canidés. On ne sait pas avec précision quel animal est le principal ancêtre du chien, mais la croyance populaire veut qu’il descende du loup gris qui sillonnait les plaines d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord.

Des peintures dans les cavernes jadis occupées par l’homme montrent que les premiers chiens de chasse ressemblaient fortement au loup. Le dingo australien est la seul race survivante qui ait conservé nombre de ces anciennes caractéristiques physiques.

Trois traits principaux différencient toutefois les chiens de leurs cousins sauvages. La structure de leur gueule et de leur queue a évolué différemment et sur un plan génétique, de par les sélections opérées par l’homme, il existe des facteurs de variabilité très importants il suffit de comparer un dogue allemand à un pékinois pour s’en assurer. Le plus petit chien connu est un Yorkshire-terrier qui mesurait moins de 9 centimètres au garrot et pesait moins de 300 grammes à l’âge adulte. La forme, la taille, la couleur et le tempérament varient énormément d’une race à l’autre; certains chiens ont une longue robe soyeuse et d’autres ont le poil ras et rêche; certains ont les oreilles tombantes, d’autres ont les oreilles dressées et sans cesse en mouvement. Il existe même quelques races totalement dépourvues de poils.

C’est en fait l’homme qui a produit toutes ces races différentes. Lorsque des marchands se rendaient en bateau dans les pays étrangers, ils découvraient qu’il y existait déjà d’autres chiens que ceux qu’ils connaissaient, que tous étaient adaptés à leur environnement, et qu’ils présentaient les caractéristiques les plus avantageuse pour l’homme. Ce dernier effectua des croisements pour développer certaines qualités et il disposa bientôt de toute une « gamme » de chiens , dont chacun était destiné à un emploi spécifique. Les différentes races apparurent si rapidement que les Romains mirent au point un système de classification, qui comprenait les catégories suivantes: chiens de berger, chiens de compagnie, chiens de guerre et chien de chasse; parmi ceux-ci , on distinguait ceux qui chassaient à vue et ceux qui flairaient la piste du gibier. Aujourd’hui,cette classification varie selon les pays.

Les groupes de chiens de chasse existent toujours : il y a ceux qui utilisent leur vue et leur vitesse pour chasser, et ceux qui traquent le gibier en flairant sa piste dans l’air au sol. Des fouilles archéologiques ont révélé que les lévriers occupaient une place de choix en Egypte antique (lire article : Le premier des Lévriers). Leurs talents de chasseurs s’expriment pleinement sous des climats chauds et secs où il est difficile de flairer des pistes, mais où les grands espaces dégagés rendent la visibilité excellente. Ces chiens se reconnaissent aisément à leurs membres fins et allongés, et à leur corps élancé très arqué au niveau de l’arrière-train. Leur principal atout est leur vitesse, et de nos jours ils sont très populaires en Grande-Bretagne et en Amérique, où les courses de lévrier sont un sport apprécié et qui draine beaucoup d’argent.

Un chien bien plus gros apparaît sur de très anciennes fresques assyriennes. Ce chien, qui ressemble beaucoup au mastiff moderne, était utilisé sur le champ de bataille et dans la chasse au lion. Il est probable que toutes ces races du Moyen-Orient furent introduites en Europe par des marchands phéniciens qui venaient en bateau pour acheter l’étain des mines de Cornouailles.

L’histoire de la majorité des chiens courants est tout aussi ancienne. Le vif beagle, rendu célèbre par le délicieux personnage de bande dessinée qu’est Snoopy, est particulièrement popilaire en Grande-Bretagne, où il est utilisé en meutes pour la chasse au renard et au lièvre. Le basset, à l’expression pleine de mélancolie et au tempérament quelque peu indolent, est en fait un excellent chien de chasse qui était employer en France pour chasser le petit gibier des forets; dans d’autres pays, la police l’utilisait pour traquer les criminels.

Les chiens courants épagneuls, retrievers, setters, labradors et pointers ne participent pas à la mise à mort du gibier. Le pointer est sans doute originaire d’Espagne, il s’immobilise pour indiquer (pour »pointer ») l’endroit où se trouve le gibier. Sa vue et son odorat, sa vitesse et son énergie, tous très développés, en font un bon « généraliste ». Les épagneuls ne conduisent pas les chasseurs jusqu’au gibier, mais ils ont été élevés par des Anglais pour lever le gibier à plume de ses cachettes et le rapporter aux pieds du chasseur après le coup de fusil. Les labradors sont originaires des côtes de Terre-Neuve : au XIXe siècle, ils accompagnaient les pêcheurs en mer. Ils aidaient à porter la corde d’amarrage du bateau au rivage et se jetaient à la rescousse de tout ce qui pouvait passer par-dessus bord en pleine mer.

Dès la plus haute Antiquité, les homme se rendirent compte que le chien pouvait être un agréable compagnon à l’intérieur des familles. Dans l’Egypte antique furent créées des races de petits chiens de compagnie, que l’on désigne maintenant sous le nom de chiens d’appartement. Les chinois élevaient aussi de petits chiens à la face camuse, dont le premier à atteindre l’occident fut le carlin qui devint un chien fort en vogue aux XVIe et XVIIe siècles. Les caniches nains, animaux de compagnie très appréciés et souvent choyés à l’excès, ne datent que du début du XXe siècle, même si les origines du caniche standard remontent à beaucoup plus loin dans le temps. Le pékinois, très populaire dans le monde entier, est apparu en Chine au VIIIe siècle; il appartient à la même famille que l’épagneul.

Si l’on possède tant de renseignements sur l’apparition de la majorité des races de chiens, c’est parce que les artistes et les historiens se sont toujours intéressés à ce sujet. Les races utilitaires n’ont apparemment pas soulevé un même intérêt. Elles existent depuis des siècles, certaines accomplissent encore leurs tâches originelles tout en constituant d’agréables animaux d’agrément, mais l’on possède peu de renseignements sur leur aspect avant le XIXe siècle.